
Avant, la colocation, c’était simple : on se croisait le matin, on partait chacun au bureau ou à la fac, et on se retrouvait le soir pour raconter nos journées. L’appartement était vide de 9h à 18h. Mais ça, c’était avant.
Aujourd’hui, le télétravail (ou « home office ») s’est généralisé. Résultat : votre salon est devenu un open-space, votre chambre est devenue une salle de réunion Zoom, et votre cuisine est la nouvelle cafétéria d’entreprise. Le rêve de la flexibilité peut vite tourner au cauchemar logistique. Imaginez : vous êtes en pleine présentation stratégique avec votre N+1, et votre colocataire passe derrière vous en serviette de bain en chantant du Céline Dion. Malaise assuré.
Travailler là où l’on vit (et vivre là où l’on travaille) avec d’autres personnes exige une organisation quasi-militaire. Voici comment transformer votre colocation en espace de coworking productif, sans sacrifier l’ambiance.
Le premier défi est physique. Où poser son ordinateur ? Dans beaucoup de colocations, le réflexe est d’envahir le salon. L’un s’installe sur la table à manger avec son double écran, l’autre squatte le canapé avec son ordinateur portable sur les genoux.
Un problème ? Les espaces communs ne sont plus des espaces de détente. Le soir venu, quand vous voulez regarder un film, vous avez l’impression d’être encore au boulot au milieu des câbles et des dossiers.
La règle d’or : Le « Zoning ». Dans la mesure du possible, le travail doit rester dans les chambres. C’est vital pour la santé mentale de chacun de pouvoir « fermer la porte » sur sa journée de travail. Si vous devez absolument travailler dans le salon, imposez la règle du « Clean Desk » : à 18h30, tout doit disparaître dans un sac ou une pancarte. Le salon doit redevenir un lieu de vie neutre.
C’est la source numéro 1 de tensions. Vous êtes concentré, et votre coloc arrive pour vous raconter sa dernière date Tinder ou vous demander si vous avez vu le beurre. En entreprise, quand vous avez un casque sur les oreilles, les gens comprennent qu’il ne faut pas vous parler. En coloc, ce n’est pas toujours évident.
Il faut établir des règles claires, presque un code de la route :
1. La porte fermée = Arrêt. On ne rentre pas sans frapper, et on évite de frapper sauf urgence vitale (le feu, pas le manque de café).
2. Le casque sur les oreilles = Occupé. C’est le signal universel de concentration. Si vous devez communiquer, envoyez un SMS (oui, même si vous êtes dans la pièce d’à côté).
3. Le planning partagé : Si vous avez une réunion cruciale de 14h à 15h où le silence doit être absolu, prévenez les autres le matin même ou via un Google Agenda commun.
C’est le détail technique qui rend fou. Si vous êtes quatre dans l’appartement et que vous avez tous une visio sur Teams à 10h00, votre connexion internet va pleurer des larmes de sang. L’image qui fige, la voix de robot… c’est l’enfer professionnel.
Si vous télétravaillez beaucoup, la qualité de la fibre n’est pas un luxe, c’est un outil de travail. Vérifiez ce point avant d’emménager. Et si la connexion est juste, investissez dans des câbles Ethernet pour les postes fixes, c’est toujours plus stable que le Wi-Fi partagé.
Sur notre plateforme, nous avons intégré cette nouvelle réalité du travail.
Si vous cherchez par « Appartement » (La Brique) : Regardez bien la taille des chambres. Une chambre de 9m² ne peut accueillir qu’un lit et une armoire. Impossible d’y mettre un bureau décent. Visez des chambres de 11-12m² minimum si vous comptez y travailler quotidiennement. Repérez aussi l’agencement : le salon est-il assez grand pour créer un coin bureau qui ne gêne pas le passage ?
Si vous cherchez par « Comportement » (L’Humain) : C’est là que tout se joue. Le badge « Télétravail fréquent » ou « Freelance » est crucial.
Vous cherchez le calme ? Cherchez les colocs qui travaillent « en présentiel » et qui laissent l’appartement vide la journée.
Vous cherchez de la compagnie ? Cherchez d’autres télétravailleurs pour partager la pause déjeuner et recréer une ambiance de collègues sympas.
Le télétravail en coloc, c’est génial, à condition de ne pas transformer l’appartement en une cocotte-minute de frustrations.