Bail Individuel vs Clause de Solidarité : Ce que vous risquez vraiment (et comment vous protéger)

Ça y est. Vous avez trouvé l’appartement de vos rêves grâce à notre filtre « Immobilier ». Ou alors, vous avez trouvé la tribu parfaite grâce à notre filtre « Comportement ». Le champagne est au frais, les cartons sont prêts. Il ne reste plus qu’une petite formalité :  la signature du bail.

C’est généralement le moment où l’on déchante. Le propriétaire vous tend un pavé de 20 pages écrit en tout petit, rempli de termes barbares comme « indivisibilité », « cautionnement » et « clause résolutoire ». La tentation est grande de signer les yeux fermés pour récupérer les clés au plus vite.  Ne faites surtout pas ça.

En colocation, une petite ligne dans le contrat peut faire toute la différence entre une expérience sereine et un endettement sur dix ans à cause d’un inconnu. Cette ligne, c’est la  clause de solidarité . Décryptage sans jargon de ce qui vous attend.

Le Bail Individuel : Le Graal de la tranquillité

Commençons par le scénario idéal. Le bail individuel, c’est la liberté contractuelle. Concrètement, chaque colocataire signe son propre contrat avec le propriétaire.

Vous louez « une chambre + l’accès aux parties communes ».

Vous payez votre loyer, et uniquement le vôtre.

Pourquoi c’est génial ? Si votre colocataire, Julien, décide soudainement de partir faire le tour du monde sans prévention, ou s’il arrête de payer son loyer parce qu’il a tout dépensé en cryptomonnaies, ce n’est pas votre problème . Le propriétaire ne peut rien vous réclamer. Vous êtes juridiquement indépendants.

Le hic : Ce type de bail est rare, surtout pour les grands appartements vides. Pourquoi ? Parce que c’est plus de gestion pour le propriétaire (plusieurs virements, plusieurs états des lieux) et moins de sécurité pour lui. Si vous tombez sur une annonce proposant une caution individuelle sur notre site : foncez, c’est une pépite.

Le Bail Unique avec Clause de Solidarité : Le « Mariage » forcé

C’est le standard du marché (environ 80% des colocations). Ici, il n’y a qu’un seul contrat signé par tous les colocataires. Vous n’êtes pas des locataires distincts, vous êtes « Le Preneur ».

Le piège réside dans la fameuse  « Clause de Solidarité » . En résumé, cette clause signifie :  « Un pour tous, tous pour un » . Si le loyer total est de 1500€ et que vous êtes trois :

Vous payez vos 500€.

Léa paie ses 500€.

Mais Marc ne paie pas ses 500€.

Avec cette clause, le propriétaire a le droit légal de se tourner vers VOUS (ou vers Léa) pour réclamer les 500€ manquants de Marc. Il n’a même pas besoin de poursuivre Marc d’abord. Il va chercher l’argent là où il est. Pire encore : si des dégradations sont constatées dans la chambre de Marc, tout le monde peut être amené à payer si l’état des lieux est commun.

Le cauchemar des garants (et de vos parents)

‘est souvent là que ça coince lors de la constitution du dossier. Si le bail est solidaire, le cautionnement (les garants) l’est souvent aussi. Cela signifie que vos parents, en se portant prudence pour vous, s’engagent éventuellement à payer pour vos colocataires en cas de défaillance.

Expliquez à son père qu’il pourrait avoir à payer le loyer d’un inconnu qu’il n’a jamais vu est souvent… délicat. C’est la raison numéro 1 des refus de dossiers par les agences.

Départ et Préavis : La règle des 6 mois (Loi ALUR)

C’est le point le plus mal compris. Dans un bail solidaire, si vous donnez votre préavis et que vous partez, vous restez solidaire du paiement du loyer pendant 6 mois après votre départ, sauf si un nouveau colocataire vous remplace et est inscrit au bail.

Exemple : Vous quittez la coloc en janvier. Aucun remplaçant n’est trouvé. En avril, les colocs restants s’arrêtent de payer. Le propriétaire peut venir vous réclamer les loyers d’avril, alors que vous n’habitez plus là depuis trois mois !

Comment se protéger si on n’a pas le choix ?

Pas de panique. Signer un bail solidaire ne signifie pas forcément que vous allez finir ruiné. C’est le cas de millions de Français. Mais cela exige de prendre des précautions que notre site facilite :

1. Le choix des colocataires est vital : C’est là que notre filtre « Comportement » prend tout son sens. Dans un bail solidaire, vous ne cherchez pas juste des amis, vous cherchez des partenaires financiers fiables. Un profil « Sérieux », « Organisé » avec une situation stable est bien plus rassurant qu’un profil « Fêtard fauché ».

2. L’assurance habitation : Vérifiez qu’elle couvre bien la responsabilité civile de tout le monde.

3. Le « Pacte de Colocation » : C’est un document écrit (règlement intérieur) que vous signez entre vous. Il n’a pas de valeur face au propriétaire, mais il permet de fixer les règles de remboursement entre colocataires si l’un d’eux fait défaut.

La transparence avant tout

Sur notre plateforme, nous militons pour que le type de bail soit affiché clairement dès l’annonce.

Si c’est un bail individuel , vous pouvez être plus souple sur le profil des autres.

Si c’est un bail solidaire , utilisez nos outils de messagerie pour vérifier le sérieux de vos futurs partenaires.

La confiance, c’est bien. Savoir ce qu’on signe, c’est mieux.

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